Texte : Alena Sibrava, Swissmem
27.2.2025 (Mis à jour le 23.1.2026)
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En plus de leur fascination pour la technologie, Maurice, Markus et Leandro partagent une grande passion : voler. Tous les trois étudient l’ingénierie mécanique à l’EPF à Zurich et rêvent de décoller un jour sans générer d’émissions. Afin de se rapprocher un peu plus de cet objectif, ils s’engagent dans un « projet ciblé » qui recherche des méthodes de propulsion alternatives au kérosène fossile dans l’aviation.
Le projet a commencé en 2019, lorsque le pilote Carlo Schmid a contacté l’EPF et a demandé du soutien pour réaliser son idée de construire un avion sans émissions. L’idée s’est finalement transformée en un projet pour lequel les étudiants en dernière année de Bachelor peuvent poser leur candidature.
Maurice Kaulich a fait partie du projet dès le début. Il a participé à la construction du premier avion électrique à quatre places appelé « e-Sling » et aujourd’hui, en tant que président de l’association « CELLSIUS », il est également à la tête du projet suivant, nommé « CELLSIUS Project H2 », à savoir la construction d’un petit avion à hydrogène. « Nous avons prouvé, avec le premier vol réussi d’« e-Sling », que l’électromobilité dans l’aviation était possible pour un petit avion à quatre places. Mais nous sommes loin d’atteindre notre objectif », explique Maurice. Leur vision est de pouvoir un jour comparer les différents types d’entraînement sans émissions tels que les batteries, l’hydrogène ou les hybrides afin de pouvoir faire des déclarations pertinentes quant aux types de technologies à utiliser dans quel contexte. C’est dans cette perspective qu’ils veulent développer des compétences dans tous les domaines. L’objectif n’est pas de développer un produit fini et évolutif, mais de créer un environnement de projet dans lequel les étudiants peuvent acquérir de précieuses expériences pour leur carrière professionnelle pendant le développement, explique Maurice.
Cela implique aussi que parfois quelque chose ne fonctionne pas comme prévu. Par exemple, lorsque les étudiants ont démarré pour la première fois le moteur électrique « e-Sling », tous les écrans d’ordinateur se sont soudainement éteints. La panne était due à de fortes interférences électromagnétiques. Maurice ajoute : « Il est important que l’équipe coopère et que le climat soit bon, c’est ainsi que les projets peuvent avancer. »
Markus a été le premier chef d’équipe du projet CELLSIUS H2. Il a aidé à construire une infrastructure de test pour les groupes motopropulseurs développés par les participants au projet, groupes qui devaient répondre aux normes de sécurité les plus élevées. « Mon moment fort personnel a été lorsque nous avons réussi, pendant l’été, à produire pour la première fois de l’électricité à base d’hydrogène. Dans notre conteneur d’essai, nous avons fait couler de l’hydrogène dans une pile à combustible et, simultanément, nous avons observé depuis le conteneur de contrôle comment une tension s’établissait lentement et comment le courant commençait à circuler », raconte Markus. Ce n’était pas beaucoup, juste 500 watts. Mais c’était le premier signe de vie de leur système de piles à combustible, sur lequel ils avaient déjà travaillé pendant neuf mois. « En théorie, on sait que l’hydrogène et l’oxygène réagissent sous forme d’eau et d’électricité. Mais le fait de l’expérimenter directement est quelque chose de particulier », explique Markus.
Actuellement, Leandro est le chef d’équipe du projet CELLSIUS H2. Si tout se passe bien, l’avion propulsé à l’hydrogène décollera à la fin de son mandat. Son équipe et lui travaillent jour et nuit pour atteindre cet objectif. Ils viennent de travailler une nouvelle fois jusqu’à 6 heures du matin, dit Leandro. Tous les étudiants sont libres de participer à un « projet ciblé ». Pour cela, ils doivent postuler et, si leur candidature est convaincante, ils sont sélectionnés. L’intérêt de participer à un projet est grand, dit Maurice.
Certes, le fait de participer à un « projet ciblé » est bien plus astreignant que de suivre les cours, mais si l’occasion de concevoir un avion et de contribuer à l’avenir de l’aviation se présente… ?
Leandro a réussi. Il n’a jamais douté qu’il voulait participer à « CELLSIUS » : « L’expérience pratique et les contacts dans l’industrie sont précieux. Cela me motive aussi à développer des solutions durables qui aideront notre société », explique-t-il. Cette idée a également été déterminante dans le choix de ses études. « Je me suis fixé comme objectif pour ma vie de vouloir faire quelque chose qui a du sens », explique Leandro. En tant qu’ingénieur mécanicien, il en a les meilleures conditions.
Aujourd’hui, l’industrie aéronautique dépend fortement des combustibles fossiles. Par conséquent, l’aviation globale émet une part considérable des émissions mondiales de CO2, dans une mesure toujours plus importante. Avec le projet « CELLSIUS H2 », les étudiants de l’EPF de Zurich veulent contribuer à la solution et offrir une plateforme pour continuer la recherche dans le domaine de l’aviation durable.
Le projet « CELLSIUS H2 » a été lancé à la suite du succès du projet précédent, « e-Sling ». Ce dernier a été le premier avion entièrement électrique de ce genre homologué et qui a accompli son premier vol en été 2022.
Depuis l’automne 2021, les étudiants développent un système de pile à combustible hydrogène destiné à la construction d’un avion à hydrogène-électrique. La densité énergétique de l’hydrogène est beaucoup plus élevée que celle des batteries utilisées dans l’« e-Sling ». De plus, une propulsion à l’hydrogène augmente l’autonomie et raccourcit les temps de ravitaillement par rapport à un avion purement électrique.
Informations supplémentaires sur : https://cellsius.aero/