Interview
27.2.2025
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Samira est automaticienne en formation chez Siemens. Elle n’a jamais douté qu’elle choisirait un métier technique. Mais à l’école, au début, personne ne l’a encouragée dans cette direction. Aujourd’hui, elle est heureuse d’avoir eu le courage de suivre sa propre voie.
Samira raconte : Pourquoi la technique ?
« La technique m’intéressait depuis toujours et je n’ai jamais douté qu’un jour j’exercerais un métier technique, bien qu’il m’ait fallu un certain temps pour décider lequel. J’ai toujours aimé bricoler et expérimenter. Dans mon entourage familial, personne n’exerce une activité technique. Mon père est menuisier et ma mère est à la tête de la section junior de la Fédération suisse de gymnastique. Pour moi, cela ne change rien au fait qu’ils sont mes plus grands exemples dans la mesure où ils ont toujours fait ce qu’ils aimaient faire, un trait de caractère qu’ils m’ont également transmis. C’est un professeur qui enseignait la robotique aux étudiants des semestres supérieurs qui m’a donné l’idée d’un apprentissage technique. Je lui ai demandé si je pouvais une fois suivre une de ses leçons. Ça m’a tellement plu que finalement, j’y suis allée régulièrement. »
Pourquoi automaticienne ?
« C’est le même professeur qui m’a conseillé d’aller visiter l’entreprise Siemens dans le cadre des Journées techniques des filles. Les trois métiers d’électronicien, d’automaticien et d’informaticien y ont été présentés. Après avoir découvert le métier d’automaticien, je l’ai su tout de suite : voilà ce que je veux faire. Non seulement travailler à l’ordinateur, mais aussi accomplir des travaux manuels. J’étais fascinée. Nous avons eu la possibilité de programmer un circuit imprimé pour qu’il clignote à la fin. J’ai alors découvert toute la procédure : de l’assemblage au soudage jusqu’à la programmation. Dans le métier d’automaticienne, j’apprécie beaucoup le fait que le résultat est visible immédiatement. J’imagine une structure et je vois ensuite un produit qui fait exactement ce que j’avais imaginé. C’est très motivant. De plus, les nombreuses interfaces font que les automaticiennes travaillent étroitement avec des experts de tous les secteurs. Nous savons immédiatement qui peut répondre à nos questions. J’aime beaucoup cet esprit d’équipe. Les Journées techniques des filles m’ont motivée à poser ma candidature pour un apprentissage d’automaticien/ne chez Siemens. Le fait d’avoir obtenu une place d’apprentissage me réjouit toujours autant. »
Des obstacles ?
« Au début, bien des gens ne me croyaient pas capable de faire un apprentissage aussi exigeant. J’ai suivi l’école secondaire en degré B et mes notes étaient moyennes. Par conséquent, ma maîtresse de classe m’a dit que je n’avais pas le niveau pour apprendre un métier technique. La conseillère en orientation professionnelle m’a également recommandé de plutôt faire un apprentissage d’employée de commerce ; il ne fallait surtout pas prendre de risques.
Mais j’avais d’autres projets et quand on est convaincu de quelque chose et qu’on a la volonté d’y arriver, on réussit beaucoup de choses. C’est aussi le message que j’aimerais faire passer aux écolières et aux écoliers : fais ce que tu aimes, peu importe ce que les autres disent. »
Ce que je souhaiterais ?
« Que les écoliers et écolières soient davantage encouragés par les enseignants et les parents à suivre leur propre voie et à ne pas se laisser décourager. Si finalement ça ne marche vraiment pas, il existe toujours la possibilité de suivre un plan B. »